Afficher article  Heureux qui comme Ulysse...

La fin du mois de juillet arrive à grands pas, et il est temps pour nous de rentrer à la maison.

Les parents de Stéphanie viennent à notre rencontre, en auto, ici, en slovénie. Nous passons la semaine à visiter ce trop touristique pays, qui pour fêter son entrée dans l'UE a, outre le passage à l'Euro, prit la bonne idée de tout taxer et interdir.  Un petit crochet plus ou moins volontaire par l'Autriche, puis traversée de l'Italie, pour arriver en Oisan. Petite randonnée et nous remontons sur le vélo pour nos derniers kilomètres, ceux qui nous ramènent dans le plus agréable village d'Eurasie, situé dans le "midi de l'Auvergne", coincé entre les parcs du Forez et du Pilat, à 2 pas de la Loire. Les voisins nous attendent, l'apéritif est prêt ! Nous retrouvons également petit à petit familles et amis, avec beaucoup d'émotions.

Mais il ne faut pas traîner, il faut se réintégrer dans notre société moderne ; contrôles techniques, téléphone, internet, impôts, sécurite sociale, dentiste... la liste est très longue. Et puis il faut trier les photos, c'est pourquoi je vous laisse maintenant, la tête pleine, les cuisses aussi, avec pleins de projets pour l'année qui arrive, et les suivantes. Nous repensons à la Russie, l'Asie Centrale, le Sous-Continent, le Tibet, le Moyen-Orient, les Balkans, les rencontres, tout se bouscule ; mais lorsque nous prenons une carte du monde, le regard ne se porte pas sur le chemin parcouru, mais plutôt sur tout ce qui reste à découvrir...

Afficher article  Slovénie

Avant de parler de la Slovénie, voici juste quelques petites précisions a propos de ces nouveaux pays qui parfois portent des noms proches, ce qui peut prêter à confusion...

D'abord, la Slovénie ne fait pas vraiment partie des Balkans, ou en tout cas, eux ne s'y associent pas trop. Ensuite, il ne faut pas confondre Slovénie (ou l'on parle Slovène), qui faisait partie de feu la Yougoslavie, Slovaquie (où l'on parle Slovaque), qui faisait partie de feu la Tchequoslovaquie, et Slavonie (ou l'on parle Croate), region qui fait toujors partie de la Croatie. C'est plus clair ?

A ce propos, notons qu'un certain candidat à l'élection présidentielle américaine en 2000 s'est fourvoyé en mélangeant Slovénie et Slovaquie, qu'un diplomate hollandais en visite en Slavonie a décrié les crimes de guerre en Slovénie, qu'un fameux hebdomadaire allemand a parlé des stations thermales tchèques en Slovénie, qu'un célèbre quotidien américain a déplacé sur la carte la Slovaquie à la place de la Slovénie au bord de l'Adriatique et que, chaque année, pas moins de 600 tonnes de courrier adressé en Slovaquie arrive en Slovénie !

Bref, pour nous la Slovénie, c'est le grand choc, le vrai retour en Europe occidentale. Supermarchés ultra propres éclairés à la frénétique lumière blanche des tubes fluorescents, rayons surchargés, tout a profusion sous des tonnes d'emballages en carton et en plastiques, codes barres, pâtisseries industrielles, chariots à pièces... Le parc automobile semble tout neuf, aucune vieille Lada, Yugo, Tata, Ashok, Kamaz ou autres poubelles qui crachent noir en circulation, même pas une 504 surchargée qui transporte une famille et son chargement de graines de tournesol, de pastèques ou un mouton a moitie dépecé. Les rond-points sont verts, les feux tricolores respectés ; pas un âne sur la route, pas un berger qui traverse l'autoroute avec ses chèvres, pas de vieux tracteurs datant de Brejnev à contre-sens, pas de coup klaxons assourdissant à t'en décoller un tympan. Non, que des gens qui marchent sur les troittoirs, qui se garent sur des places de parking et qui ont les dents blanches. Etrange Europe…

 

 

Afficher article  Le train, derniers enquiquinements

Le train est à 22h20, mais comme nous devons incarcérer notre petit vélo à l’intérieur de celui-ci et que rien n’est prévu pour, nous préférons prendre un peu d’avance, histoire de nous organiser…

 

Peu après 20h, nous sommes à la gare. Personne ne sait sur quel quai le train, en provenance de la Grèce, arrivera , ni même si nous serons autorisés à monter le tandem dans les voitures. Il fait toujours aussi chaud, et nous n’avons qu’à attendre. Du retard est annoncé : 1 heure, puis 2 ! Le temps se fait long. Il est minuit et je regarde l’immense horloge thermomètre qui indique encore 36°. La petite voix qui sort du haut-parleur baragouine quelque chose en Serbe. Mon voisin de banc, un croate qui parle anglais me fait comprendre que le retard se portera à… 5 heures ! Génial. Stef s’allonge et essaie de trouver un peu de sommeil, mais même à 3h du matin il fait beaucoup trop lourd (35°). Je sors quant à moi une grille de sudoku diabolique qui devrait m’occuper un moment.

 

Enfin, la locomotive et ses 2 ou 3 wagons arrivent en gare. Celui dans lequel nous avons reservé n’est pas encore accroché, et nous devons encore patienter quelques instants. Le chef de train, qui arpente le quai, nous regarde de travers et nous dit :

‘Vous ne pouvez pas monter avec ça, c’est interdit !

- Oui, oui, pas de problème, ne vous inquiétez pas, on ne le prend pas.’

 

Nous commençons à démonter les sacoches et la roue avant, et dès qu’il tourne les talons nous jetons le tout à travers la porte de la voiture 794, avec l’aide d’un jeune Suédois qui a rouillé sur les bancs avec nous. Pas facile de manœuvrer le vélo dans les couloirs étroits du train, mais nous aimerions nous installer au plus vite. Dans le compartiment, 2 dames assoupies ouvrent un œil et pensent sûrement rêver en nous voyant dégoulinant de sueur essayant de faire passer au dessus de leurs têtes un vélo plutôt grand. Nous voulons le mettre en travers, chacune des extrémités en appui sur les compartiments à bagage. A bout de bras, c’est lourd et pas vraiment facile, et puis ça ne passe pas. Il me faut démonter en vitesse fourche, cintres et garde-boues. Heureusement nous finissons tout avant que le contrôleur n’arrive : il nous dévisage avec ces yeux noirs couroucés...

 

Tout le monde s’endort et le train roule vers la Croatie, toutes fenêtres ouvertes.

 

A peine les premiers rayons de soleil que nous nous faisons réveiller par les douanes Serbes et Croates. Contrôles des passeports et des bagages, coups de tampons, ils cherchent rapidement à voir si nous ne transportons pas de cigarettes. Arrive Zagreb, puis rebelotte quelques heures plus tard à la frontière Croato-Slovène. Enfin, nous descendons à Brezisce en 1 minute, ce sera notre dernier coup de stress. Le train a 5 heures de retard, mais nous, on ne nous accorde même pas 10 secondes supplémentaires !
Afficher article  Beograd

En quittant Despotovac, nous continuons notre route dans la campagne, en direction de Beograd, capitale de la Serbie, connue chez nous sous le nom de Belgrade.

Le probleme du reseau secondaire en Serbie, c'est qu'en plus d'etre en mauvais etat, les routes sont tres etroites, et les camions et voitures nous passent parfois vraiment tres pret, ce qui leur vaut quelques eclats de voix, mais bon, pour l'instant personne ne nous a accroche...

Plus ca va, plus nous rencontrons de gens accueillants. Un petit mot ici, en allemand en general, une boisson la. Pour la nuit, un cafe nous autorise a planter la tente sur sa plage, au bord d'un lac, garde la nuit. Ce n'est finalement pas plus mal, car quelques loustics emeches  et ne fumant pas que du tabac ont pour habitude, apparemment de venir de trainer dans les parages la nuit tombee. Mais a vrai dire, c'est a se demander si le garde lui-meme est bien clair. En tout cas, il a la langue bien pendue, et nous a abreuve de paroles, bien plus que ce que nos oreilles pouvaient entendre. Morceaux choisis :

"T'as quel age toi ?

- 28 ans.

- Ah, pile comme mon fils, vous avez trois ans d'ecart !!

- Il a 31 ans ou 25 ?

- Non, 22."

Ou encore :

"Moi aussi je fais du velo, et j'ai pas un gros bide comme tous ces hommes, regarde ! Tu vois, ca c'est le velo, et c'est aussi pour ca que j'ai des cheveux !"

Et enfin :

"Ok, good night ! we need to sleep...

- De toute maniere, je parle pas espagnol !"

A part ca, elle etait sympa cette petite plage, meme si la temperature diurne est toujours aussi insupportable.

Quelques dizaines de km de cote plus tard, nous arrivons a Belgrade, qui sonne la fin du voyage a velo. Etant encore bien loin de chez nous, nous allons prendre un train de nuit demain pour la Slovenie. Nous "sauterons" la Croatie, pour passer un peu plus de temps dans les Alpes Slovenes, a la fraiche, car nous sommes vraiment en surchauffe, vivement les nuages et l'automne !

Afficher article  Serbie

Mise a jour du 21/07 : suite a un bug, l'article n'est pas paru complet la derniere fois, le voici !

Bon, c'est vrai, sur le papier, la Serbie, ca fait pas trop envie : la guerre, les invasions incessantes de leurs voisins, Milosevich, bref, pas que des rejouissances, mais qu'en est-il lorsque l'on rencontre les gens sur place, comment vit-on "la-bas" ?

//fichu clavier serbe, j'en bave pour trouver le bon emplacement des lettres, mais pourquoi chaque pays fait SON clavier, bon sang !" Les slashs feront office de parantheses, je ne les trouve pas... //

Que connaissons-nous de ce pays ? Les conflits, que j'avoue ne pas vraiment maitriser et puis j'ai pas envie de parler de la guerre, mais interessons-nous aux Serbes celebres, qui sont-ils ? Monica Seles et ses cris stridents, ca dira quelque chose aux fans de tennis, mais il y a surtout Nikola Tesla, bien sur, si j'ose dire, ca dira quelque chose aux fans de physique et d'electricite...

Le genie, qui a depose la bagatelle de 900 brevets, a, en gros, "invente" le courant alternatif, et donc les moteurs et generateurs electriques. Sans lui, il faudrait aujourd'hui demarrer sa voiture avec... avec quoi d'ailleurs ? Une pompe a pied et une alumette peut-etre... Il a ivente le moteur a induction, les transmissions sans-fil, le transport de l'electricite sur de longues distances. C'est donc grace a Monsieur Tesla que nous avons aujourd'hui le Wi-fi, les telecommandes ou les gros pilones dans nos campagnes /a defaut des anges, comprenne qui pourra/. J'ai meme lu qu'il a travaille sur un laxatif electrique, mais je n'ai pas plus de details, et c'est peut-etre pas plus mal finalement. Pour terminer sur ce grand scientifique, il n'avait pas le sens du business, d'autres s'en sont occupes pour lui, et il est mort pauvre et oublie...

Oui, mais nous dans tout ca ? ben nous roulons, et depuis Sofia, ma foi, la route est de plus en plus jolie jusqu'a la frontiere. Cote Bulgare, rien a signaler, ou si, quelques mots en francais pour nous souhaiter bonne route, par contre, le premier contact avec la Serbie, est, comment dit-on, quelque peu rude. Si nous pouvions dire des Bulgares que certains rigolent quand ils se brulent, alors les Serbes, eux, ils rigolent quand... pfff je ne sais meme pas quoi inventer... Les douaniers, visages fermes a double tour, avec serrure trois points et porte blindee, nous arrache les passeports des mains, et d'entre leurs dents serrees /tellement que je ne sais pas comment ils font pour respirer/ nous demande de circuler. Pourtant, il me semble avoir entendu quelque part que nous devons nous faire enregistrer pour chaque nuit passee sur le territoire. Normalement, ce sont les hotels qui s'en occupent, mais vu que nous passons le plus clair de notre temps en bivouac ou chez l'habitant, je voulais demander comment faire. Un "avance" m'est sechement lache, avant que le suivant nous ordonne de degager. Merci messieurs, ca commence bien.

En fait, avec les kilometres defilant, ca va un peu mieux. Et puis nous nous amusons des ces tetes de deterres, mais avons-nous d'autres choix. Heureusement, certains sont quand meme plus accueillants. Un papy qui cueillait des prunes sur son arbre, nous a invites a en faire de meme. En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que nous sommes tranquilles, personne ne vient se renseigner sur notre trajet ou autre.

Chose surprenante, les nuites dans les hotels sont totalement hors de prix, mais alors tout a fait deraisonnable. Meme dans les auberges de jeunesse, les tarifs sont plus eleves qu'a Paris ou a Frejus, et sans le petit-dej ! Nous qui pensions nous offrir un peu de confort pour la fin du voyage en dormant sur des matelas, nous sommes bon pour planter la tente. Heureuseument, la campagne Serbe est belle, quoi qu'excessivement chaude /38 a 40 degres tous les jours/. La nuit, par contre, la temperature baisse, ce qui nous permet de nous reposer un peu, mais pas longtemps, car les premiers rayons transforment notre guitoune en banya russe en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Les deux ou trois paysans ou badauds qui nous voient ne s'approchent pas, et nous mangeons nos pates tout seuls.

Dans une petite bourgade, nous demandons, ou cas ou, le prix dans un motel. Le jeune qui s'occupe de nous, et qui a du prendre pitie, nous offre une remise de 50%, ce qui rend le tarif a peine abordable, mais nous acceptons. Mais quand il annonce la nouvelle a son boss, il se fait rabrouer violemment. Nous lui expliquons que ce n'est pas grave, que nous allons bivouaquer, mais le pauvre s'en veut terriblement et n'arrete pas de s'excuser, visiblement tres tres mal a l'aise...

Nous continuons notre remontee vers la capitale, Belgrad, toujours dans la chaleur, mais le vent a decide de nous laisser tranquille pour un temps, merci Eole. Nous quittons l'axe principal pour nous enfoncer un peu plus dans la campagne, a la visite du monastere de Despotovac, ses remparts et ses 11 tours, erigees pour se proteger des invasions turques.

Nous avons passe notre 16000 eme km, /16205/ a ce jour, et le materiel souffre autant que nous. Le ressort de la pedale droite de Stef a lache, elle ne peut plus clipser ce pied, et comme sa cale gauche est morte et qu'elle s'est 'soudee' a la chaussure /j'ai casse la clef Alen en voulant la remplacer/, elle ne peut plus rien clipser du tout. Les dents des 2 plus grands plateaux sont parties, la chaine a rendu definitivement l'ame et le pneu arriere s'est dechire. A part ca, tout va bien, si ce n'est le jeu de direction qui a besoin d'un petit coup de clef, lui aussi. Ah si, les plaquettes arriere ont dit stop egalement, et tout ca en quelques jours seulement. Mais nous avons tout ce qu'il faut dans nos sacoches, sauf pour les pedales.

Un dernier mot en forme de clin d'oeil aux "vieux Stephanois" : mon voisin, avec qui je viens de sympathiser tout en tapotant sur mon clavier, m'a rapelle qu'un Serbe tres celebre est bien connu du cote de Sainte... Qui ? ben Curkovic !

 

Afficher article  La Bulgarie

Le passage de frontiere est aise, forcement, avec nos passeports de l'UE. Etant en velo, nous n'avons pas besoin de payer toutes les taxes demandees aux automobilistes. Taxes routieres, de desinfection etc... le velo, ca tue les microbes, c'est bien connu !

Il fait toujours aussi chaud, le soleil cogne. La route est empruntee par des dizaines des turcs qui reviennent chez eux pour les vacnces depuis l'Allemagne, la Hollande, l'Autriche et la France. C'est un ballet incessant de voitures immatriculees dans ces pays qui file vers l'Est.

La Bulgarie est couverte de forets, c'est assez agreable. Les gens sont tres froids et rustres au premier abord. Ca nous change du tout au tout. Personne ou presque ne vient nous voir lorsque nous nous arretons. D'un cote nous sommes tranquilles, de l'autre, plus personne ne semble s'interesser a nous. Mais en general, apres quelques mots, tout s'ameliore. En tout cas, les points communs avec la Russie nous sautent aux yeux, tant au niveau des habitants, que des immeubles decatis.

Pour camper, nous demandons si nous ne derangeons pas, et en general les gens se montrent plutot aidant. On nous a propose une vieille roulotte, pres d'une station service. Pendant que le monsieur m'emmene au village, un peu plus loin faire des courses, Stef prepare la paillasse. Nous partageons la roulotte avec 3 petits nids de guepes, nous passerons donc la nuit dans notre moustiquaire. En tout cas, que ces bestiolles sont feignantes : elles dormaient quand nous sommes arrives et elles dorment encore lorsque nous partons !

La nuit suivante, nous plantons la tente dans un pre pres d'une station service "surveillee" 24h/24. Le garde, apres 3 heures de presence ne nous a toujours pas remarque, et c'est lorsque je vais chercher des biscuits a la boutique qu'il commence a s'exciter (nous avions demande la permission au chef pourtant). Mon peu de russe me permet de me faire comprendre, et de le comprendre egalement. En fait, il me reclame de l'argent, mais il laisse tomber assez vite, et part nous chercher des prunes ! Le hic, c'est que le lendemain matin, il finit son service a 6h00 et qu'il veut absolument assister a notre depart... Alors il nous a reveille (ok, il lui a fallu 3 fois et une demi-heure) pour nous regarder plier, charger et partir... fatigues.

Puis, nous arrivons a Sofia. Sans vraiment nous l'avouer, nous esperons une ville typique de l'ex-URSS, avec des grandes places, des rues larges et calmes mais modernes a la fois. Nous sommes combles. Parcs, magnifiques eglises orthodoxes, la ville est extremement agreable. Plein de bons restaurants et glaciers, et toujours des pasteques a profusion. La capitale est couverte de magasins de vetements, il y en a partout, et les shoppings mall fleurissent aussi. Que c'est etrange de voir tous ces magasins, la societe de consommation nous aurait-elle ratrappee ? Et puis l'ordre dans la ville, ca aussi ca surprend, mais pas autant que les tenues des femmes dans la rue. Quand on arrive du Moyen-Orient, le choc est incroyable. Les publicites placardees partout avec des modeles aux 3/4 nues, et dire que l'on parle de femmes-objets en France, que doit-on penser de ce que nous voyons ici... Serais-je devenu trop conservateur ?

Demain ? Direction la Serbie !

Afficher article  Derniers jours d'Asie

Juste a quelques kilometres d'Urgup, se trouve Goreme, ville ou se concentre un maximum de touristes, principalement grace, ou a cause, du surprenant musee a "ciel ouvert".

Ce musee consiste en un ensemble de maisons et d'eglises troglodytes, creusees dans des rochers de formes etranges et ornees pour certaines de magnifiques fresques, datant de plusieurs centaines d'annees. Elles ont cependant pas mal souffert, notamment a cause des degradations causees par les Musulmans qui ont eu ordre, il y a tres longtemps, de faire disparaitre tous les yeux ; l'islam ne permettait pas la representation des regards, qu'ils soient d'etres humains ou d'animaux, a l'exception,  ceux qui nous lisent depuis le debut s'en souviennent peut-etre, des tigres sur le registan de Samarcande.

Le probleme de ce musee, c'est la frequentation. Il y a beaucoup de monde et parfois on se marche un peu dessus dans les toutes petites salles. Il est bien plus agreable de partir crapahuter seul dans les alentours, et de decouvrir par soi-meme une habitation, un rocher ou un panorama grandiose.

D'Urgup  a Goreme nous faisons notre plus petite etape du voyage : 6 km ! et nous nous posons pour la premiere fois dans un vrai camping, un camping officiel quoi. La, nous rencontrons d'autres voyageurs, et quelle surprise de voir leurs equipements haute technologie. Deja, 2 couples voyagent en... camion ! Ils ont achete des DAF, et a la place de la remorque, pose une vraie maison. Tele ecran plat, 2 climatisations, pc portable avec antenne wi-fi et satellite, refrigerateur americain, plaques et feux de cuisson, quads, velos, equipements de plongee, bref la liste est sans fin : 12,5 tonnes de materiel ! Du coup ca donne des dialogues amusants :

"On trimballe 12 500 kg, vous en avez combien dans vos sacoches ?

- Nous ? euh... en gros 35. Mais on a tout ce qu'il faut, meme nos affaires d'hiver !"

Disons que ca nous a permis de peut-etre mieux comprendre le comportement de certains locaux qui prennent les touristes systematiquement pour des vaches a lait. Mais tout le monde n'a pas le meme budget, ni les memes references ; le soir on nous a demande de joindre le groupe pour un repas "pas cher", mais leur pas cher etait a peu pres 2 fois notre budget journalier... Nous apprenons egalement que le prix de la remorque seule (sans aucun equipement, ni le tracteur, bien sur) nous aurait permis de voyager avec notre velo pendant... 1 an et demi !!

Apres avoir bien profite et en avoir pris plein les yeux dans cette magnifique capadoce, il est temps pour nous de mettre les voiles. Mais nous avons un leger probleme. Nous devons rentrer pour debut aout, nous sommes le 7 juillet, et la distance qui nous separe de Saint-Etienne est de 3 300 km. En moins de 4 semaines, vu le profil de la Turquie et de l'Europe, ca parait plus que difficile ! Mais a force de prendre les chemins de traverse, on se rallonge trop la route.

Alors nous roulons une cinquantaine de kilometres, histoire de gagner un axe un peu important. Assez vite, un jeune Turc, Irfan, nous charge dans son Trafic. Nous lui demandons de nous deposer a Ankara. Coup de bol inoui, il est Stambouliote et rentre a la maison pour le week-end ! En route il tient absolument a nous sevrer en gateaux et kebabs. Nous blagons pas mal, il faut dire que nous avons le temps, Istanbul est a 800 km. Il nous propose de passer le week-end chez lui, et appelle sa femme, de maniere a ce que tout soit pret pour notre arrivee.

Irfan et Esra vivent confortablement dans un appartement douillet a une vingtaine de km de Sultanahmet, le quartier "central" d'Istanbul. Pas du tout central geographiquement, mais historiquement, puisque c'est la que se trouvent mosquee Bleue, Aya Sofya (Mosque Sainte-Sophie, enfin ancienne eglise...) et le palais de Topkapi. Ils parlent quelques mots d'anglais, mais une cousine, Fatma, arrive rapidement pour faire le lien. La table est dressee et comporte une multitude de mezze et des koftes avec... des pates, specialement preparees pour nous, "au cas ou nous n'aimerions pas", comme nous le confie Esra.

Nous discutons un peu de tout, de football, veritable passion ici en Turquie, et de Fenerbahce qui vient d'etre sacre champion pour le plus grand bonheur d'Irfan, mais comme d'hab, on nous soutient que le meilleur, c'est Zidane. Autre tendance qui se confirme : Sarko n'a vraiment pas la cote aupres des Turcs. En tout cas, qu'il nous parait etrange d'evoluer dans un appartement si moderne, dote de tout le confort electronique possbile et imaginable. Ici, c'est deja l'Europe, comme nous l'annoncait le panneau sur le pont qui enjambe le Bosphore. L'Oural un peu plus au Nord et le Bosphore sont les frontieres geographiques de la vieille Europe. Au sujet du pont, nous avons eu la chance de le passer dans le bon sens, car des bouchons gigantesques s'y forment quotidiennement, car 2 ponts seulement ( a verifier) permettent de passer de l'Istanboule Europeenne a l'Istanbul Asiatique, et la ville comporte 12 000 000 d'habitants !

Nous ne prenons qu'une journee pour re-visiter Istanbul, que nous avions decouverte il y a 5 ans en une semaine. Cette ville est envoutante, avec ses mosquees et son palais de sultans. Mais ce qui nous interesse, c'est de revenir ici, et de pouvoir comparer apres avoir vu d'autres pays musulmans et leurs splendeurs.

Meme si nous sommes bien avec Irfan et Esra, il nous faut les quitter. Nous enfilons nous affaires, qui sortent de la machine a laver (une vraie ! avec de la lessive qui fait sentir bon !), et partons braver la circulation folle de cette tres tres grosse ville. Pour gagner la frontiere, tout se passe comme precedemment. Nous sommes invites a droite et a gauche, pour un repas, pour une nuit. Encore un restaurateur qui nous offre ces meilleures specialites, dont la fameuse "Mercimek" (non, ce n'est pas une blague !), soupe a base de menthe et de lentilles rouges.

Voila, la frontiere est la, nous en avons bave, vent de face tous les jours et route vallonnee. Nous avons croise un Japonais, a cote de son velo, marchant dans une cote, le moral dans les chaussettes. C'est le premier cycliste vu depuis que nous avons quitte le Nepal. Nous le reconfortons, et echangeons des infos, des cartes. Allez, courage Tenji !

Nous rentrons dans l'UE, la Bulgarie. A part Kostadinov, nous ne connaissons pas grand chose de ce petit etat. En Turquie, on nous a vivement deconseille d'y aller, alors forcement, ca nous a motive !

Afficher article  'Gentil comme un Turc'

C'est un lieu commun de dire 'fort comme un Turc', mais ce qui nous vient en premier a l'idee apres une dizaine de jours sur le territoire, c'est plutot 'gentıl' comme un turc...

Les journees se suıvent et se ressemblent ici en Turquie. Tous les jours et tout au long de chaque journee, nous nous faisons inviter, au bord de la route, dans les petits villages, a n'ımporte quel moment, maıs toujours pour manger et boire un the.

La chaleur est egalement toujours au rendez-vous, ce qui rend ces pauses encore plus agreables. La route est tres dure, avec pas mal de montagnes (7 ou 8 cols pour gagner la Cappadoce, dont certaınes a plus de 2000 metres) et du vent, souvent vıolent.

Nous passons notre premiere nuit, apres avoir quitter la cote et Yumurtalik, a Kozan, petite bourgade au pıed des montagnes. L'humidite et la chaleur sont impressionnantes et tres inconfortables. Pour une fois nous avons eu du vent favorable pendant 2 heures, ce qui nous a permıs de boucler nos 100 km en a peıne 4 heures. A l'entree de la ville, un petit restaurant propose les classiques et delicieux kebabs (ici, un kebab est une brochette de viande hachee avec des herbes et des epices, accompagnee de salade, de tomates et de pain. Ce qu'on appelle kebab chez nous est en faıt un doner, le plus souvent au poulet ou a la 'viande', nom donne au mouton.). Comme d'habitude, nous demandons les prix avant de nous installer, histoire de ne pas payer un prix special touriste. Mais la charmante equipe, qui nous ressert a volonte, nous fait comprendre que nous sommes leurs invites !

Le patron nous enmene dans sa cite ou nous pouvons, nous dıt-il, planter la tente sans crainte. L'idee est sympa, sauf que nous sommes vite entoures d'une armada d'enfants, pas tres pratique pour se reposer ! Tous les adultes alentours semblent bien embetes de la situation, et nous ne voulons pas les froisser en quittant les lieux. La gardienne nous propose alors une piece en construction a cote de son appartement. Le the nous est servit, ainsi que des fruits frais, et nous sommes deja invites pour le lendemain dans une autre famille... Tout le monde se dıspute un peu les etrangers et c'est a celuı qui en fait le plus.

La nuit, tres chaude et pas vraiment regeneratrice, se termine, et nous voila deja pris en charge. Petit-dejeuner, dejeuner, the et cafe turc, visite de la ville, nos hotes ne veulent plus nous laisser partir, pourtant la France est encore loin, la route longue ; mais il est certain que si nous avions honore tout le monde, nous aurions pu deja passer un bon mois de vacances dans ce pays !

En nous dirigeant vers les montagnes, l'air se rafraichit un peu, mais la pause pasteque est toujours de rigueur. Je choisis la plus petite possible, maıs elle fait 7 kg tout de meme ! Le tout pour 1,2 euro seulement, mais le probleme n'est pas la. 7 kg dans le sac a dos, c'est trop, et nous l'attaquons. A deux, ca fait une bonne portion chacun, mais en une vıngaine de minutes elle est negociee, face aux montagnes, dans un joli lacet. Nouvelle difficulte : qui se leve avec 3kg de pasteque dans le bide ? La peau du ventre tire, et pas qu'un peu, et j'ai l'ımpression d'etre enceinte ! Je marche les jambes ecartees comme un cow boy, et quand il s'agıt d'enjamber le cadre du velo, j'en craque le short ! Pour pedaler, pas d'autres solutıons que de le faire les genous vers l'exterieur, tres esthetique, mais surtout, l'estomac dilate a pris ses aises et empiete largement sur le diaphragme, remonte les poumons ou la cage thoracique, enfin je ne sais pas trop ce qu'il se passe la-bas dedans, mais qu'il est difficile a present de respirer !

La route est tres peu empruntee, ce qui la rend d'autant plus agreable et nous decidons de planter la tente dans la pinede, alors que quelques gouttes d'un orage arrivant, font descendre la temperature a des niveaux plus raisonnables. Pas 5 minutes apres s'etre installes, un berger arrive et nous invite dans son repere a 200 ou 300 metres. Mais nous sommes trop fatigues pour tout remballer, et nous voudrions nous coucher tot, car la vie mondaine est tres fatigante ! Pour cela nous devons negocier un bon quart d'heure, sans froisser le vieil homme. Nous lui promettons de venir le voir le lendemain pour le the. Il disparait avec ses betes, et revient 5 minutes apres avec une couverture, un manteau et ... un chien !! Il l'attache a un arbre juste a cote de la tente, et nous explique qu'il va nous garder pour la nuit. Il mime d'ailleurs un ours... Apres les arrosoirs, la cassette audio, le pain de glace, nous pouvons mettre le chien au rang des cadeaux surprenants !

Dans notre tente de 3,6 metres carres, nous disposons la couverture qui nous fera une agreable epaisseur supplementaire. En guise d'oreiller, nous utilisons nos k-ways et polaires que nous mettons en boule. Tout l'art d'un oreiller reussi reside dans les fermetures eclairs et autres coutures qu'il faut dissimuler si l'on ne veut pas se reveiller en pleine nuit avec le zip incruste dans la joue, ou pire dans l'oeil !! Toujours est-ıl qu'ıl fait frais cette nuit, 21 degres, et que, enfin, nous pouvons recuperer un peu.

Le jour suivant, petit-dej chez le berger (le chien a ete gentil toute la nuit, il a quand meme fallu lui parler et le rassurer au debut !), puis route de montagne et denivelees importantes avant d´etre, au village suivant,  invites pour le midi, avec en dessert, une assiette de succulents baklava baignes de miel et de sirop, recouverts de cette merveilleuse creme glacee turque, un delice...

Depuis notre arrivee dans ce pays, nous n'avons pas vu un seul touriste. Mais en approchant de la Capadoce, lıeu hautement touristique, nous nous demandons si les gens vont changer et surtout a partir d'ou... A une soixantaine de kilometres de Goreme, pour la premiere fois, des enfants nous courent apres reclamant de l'argent. Que s'est-il passe dans ce village ? Des vacanciers ont-ıls distribues stylos et Lires ? Heureusement, le phenomene est bien moins repandu que sous certains autres cieux. Pour la premıere fois aussi, certaıns marchands ont essaye des petites arnaques sur les factures et les rendus de monnaie... mais les pauvres ne savent pas toutes les annees de Monopoly que j'ai derriere moi !

Dans les lacets des grands cols, des camions et tracteurs nous proposent de charger le velo, et des familles en voiture prennent pitie de nous, et nous attendent lorsque la route est un peu plus large pour un the et un gouter. Une derniere etape de 106 km et une bonne suee et nous voici en Capadoce, au pays des maisons troglodytes et aux rochers champıgnons, a Urgup exactement. Demaın nous partons vers Goreme, Uchisar, enfin a la decouverte de toutes ces beautes naturelles, meme si la route pour arriver jusqu'ici nous a deja plus que comblee, avec ses prairies, ses pinedes, sa montagne a 4000 metre et tous ces gens sı attentionnes !

Sinon, que pouvons-nous dire d'autres ?

Que les commercants n'ont jamais la monnaie; que tout le monde boit dans le meme verre (dans la rue, les transports et les petıts restos); que l'eau du robinet est potable et bonne; que nous parlons Allemand tous les jours car un nombre impressıonant de Turcs ont travaılle la-bas avant de revenir au pays; que ceux quı ne maitrisent pas bien la langue de Goethe nous disent 'Auf Wieder Sehen' (Au revoir en Allemand) au lieu de 'You are wellcome' (De rıen en Anglais); qu'Urgup est chere; que beaucoup beaucoup de Turcs fument et enormement; que les glaces, loucoums et baklavas sont de vrais delices tombes directement de l'assiette des Dieux; et que certains aimeraient bien qu'on dise du mal de leurs voisins (des Syriens et des Iraniens notamment), mais on ne  peut pas, on les aime bien !!

Afficher article  Canicule !

Un petıt mot depuıs la Mer Blanche, c'est aınsı que l'on denomme la Mer Medıteranee au Moyen Orıent et dans toute la regıon, pour confırmer ce que dısent les medıas occıdentaux. Une foıs n'est pas coutume, ıls ne racontent pas n'ımporte quoi, et la temperature est ainsi bıen difficilement supportable...

Hier encore, a 18H ıl faisaıt 36 a l'ombre ! Etant en plus en bord de mer, l'humidite nous faıt transpirer a grosses gouttes. Le vent, toujours tres vıolent et egalement tres chaud rend les journees plus que penibles sur le velo. Nous qui ne sommes habıtuellement pas trop pour la climatisatıon, devons avouer que cette fois, elle a ete un facteur decisif quant a notre lieu d'herbergement. Toutes ces dernieres nuıts ont ete passees en tente, et il n'est rien de dıre que nous y dormons peu et pas tres bien. Nous apprecions d'autant notre clim, reglee a 26 degres, quı nous paraissent extremement froid d'aılleurs...

Sinon, les Turques rivalisent avec les Iraniens en terme d'hospitalite et de generosıte. Les familles, les unes apres les autres, nous herbergent et nous invitent a dejeuner ou a diner. Tel ce restaurant de poissons qui nous a regales de soupe et d'anchoıs grillees. Le lendemain matin, outre le petıt-dej, ils nous ont faıt faıre un tour de Payas, ville importante sur la route de la soie, avec fort et chateau, caravenseraıl, bazar et hammam. De toute manıere, ici en Turquie, il y a des sites tous les 5 km. Chaque caıllou a une histoire, chaque parcelle de terre s'est vue foulee par un grand conquerant, un roi, enfin tout y est mythıque, et ce n'est pas pour rien que ce pays possede sur sol la bagatelle de 5 des 7 merveılles du monde, ou ce qu'ıl en reste plutot.

Encore une foıs, en tant que Francaıs nous sommes bıen  recus, mais alors que nos voisins Europeens sont mal vus... Les Espagnols sont vus comme des racıstes, les Allemands aussı parfois, mais ıls sont surtout decrits comme des 'cochons qui rougıssent au soleıl en buvant des bıeres' (sic). Sarkozy est plutot mal vu, et n'arrıve pas a la chevılle de Chirac, mais la chose quı fache ici, celle qu'il ne vaut mıeux pas aborder, c'est le genocide Armenien. Il n'a tout simplement jamais eu lieu, tout ce qui est dit a ce sujet est faux, ce ne sont que des histoıres inventees... 

Afficher article  Turquıe

Frontıere vraıment paısıble de ce cote. Poste le plus a l'ouest, ıl n'est que tres peu usıte, et nous n'y passons que quelques mınutes. Aucun controle, a peıne quelques papıers, 2 coups de tampon et pas de vısa a achete, genıal...

Nous sommes dans les pınedes, et pour changer la route s'eleve, a l'ınverse de la vıtesse moyenne... Il faıt bıen plus chaud qu'escompte, et alors que nous gourdes se vıdent, nous bıfurquons sur une toute petıte route a la recherche d'une bonne ame quı voudraıt bıen nous les remplır. Ca ne traıne pas, un papa et ses 2 fıls tırent de l'eau de leur puıts (quı se trouveraıt a 100 metres de profondeur) et nous retıennent pour nous faıre gouter leurs produıts. Concombres, tomates, poıs chıches fraıs, sı avec tout ca notre ventre tıent, on aura de la chance.

Toute sa famılle et luı ont emıgre en Allemagne ıl y a quelques annees pour faıre de l'argent. Du coup, nous parlons exclusıvement en Allemand. Enfın, eux parlent, nous ecoutons et comprenons, plutot bıen d'aılleurs, maıs dıffıcıle de faıre une phrase correcte de notre cote. Maıs vısıblement, les ıdees passent. Ils nous gardent pour la nuıt. Pendant que Stef va faıre cuıre le paın au tandorı et traıre la vache pour l'ayran (yaourt), je vaıs a la rencontre des hommes, parler busıness. Tous ses freres sont revenus, avec un bon pecul (50 000 euros), et ıls ont achete toutes les terres du cote sud de la route, et plusıeurs motos flambant neuves. Depuıs ıls cultıvent, et vendent a Antakya. Chaque frere veut me faıre ıngurgıter 3 kg de concombres, et je me demande dans quel etat je vaıs passer ma nuıt...

Les enfants, 2 ou 3 par couple, travaıllent tous au champ. On me dıt : 'En Allemagne, on n'a pas le droıt de faıre bosser les momes. Ils ne font que s'amuser ! Icı au moıns, pas de probleme !'Il y a encore peut-etre un peu de boulot avant de rentrer dans l'UE...

La mere de famılle a l'aır de vraıment apprecıer Stef. Elle souhaıte absolument l'engraısser, et la ressert sans cesse en ble, en paın et en tout ce quı se trouve sur la table (http://fr.pg.photos.yahoo.com/ph/fond374/detail?.dir=71cfre2&.dnm=d684re2.jpg), du moıns sur la nappe posee au sol. Au petıt matın, lorsque le soleıl nous sort de la tente vers 6h45 avec ses puısssants rayons quı font monter la temperature a 36 degres dans la moustıquaıre en un quart d'heure, elle cherche par tous les moyens a nous retenır. Elle nous propose d'aller a Antakya et de revenır pour le soır. Ah ! sı nous etıons en moto... D'un cote, en moto jamaıs nous ne nous serıons arrete la, c'est sur.